Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 19:50





Deuxième compte-rendu en direct des Rencontres d'Arles par une équipe efficace et assidue (Daniel Rocchia, Bruno Leloup et Cyril Bourdois), ce blog se veut le plus interactif possible.

Nous comptons sur vous pour le compléter : commentaires pour le rendre vivant, remarques pour le perfectionner, articles à insérer...
Nous tenterons de mettre les articles en ligne le plus rapidement possible, au plus tard le soir de chaque journée. Il devrait donc fonctionner à partir du 10 juillet mais vos suggestions sont déjà bienvenues !

Nous souhaitons vivement mettre en ligne vos photographies, vos articles... Tout ce qui peut compléter ce blog (il manque des compte-rendus) et le rendre plus vivant est bienvenu !!! Si vous voulez publier un article, des photos ou les deux, cliquez sur "ECRIRE UN COMMENTAIRE" puis indiquez votre adresse électronique (nous serons les seuls à la voir) et nous vous contacterons rapidement.


Au moment où nous mettons ce blog en ligne, celui de l'an passé a pratiquement atteint les 1000 visites et bien que son contenu ait également disparu pratiquement en même temps, cela nous encourage à continuer et à vous espérer plus nombreux encore !


Ce lien renvoie à ARLEZIENNE, le blog de l'an passé : link

Nous avons choisi de changer de "marque" de blog pour nous débarrasser de la publicité insupportable qui parasitait celui de l'an passé et pour accorder davantage de fiabilité au contenu.
Donnez-nous votre avis sur ce changement !

Pour écouter de la musique en regardant ce blog, cliquer ici :
Par ARLEZIENNE II
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Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /Juin /2009 18:27
Par ARLEZIENNE II
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 18:52
Lien vers Nan Goldin à Arles : link
Voir l'article qui lui est consacré dans ce blog à la fin du 10 juillet
.
Par ARLEZIENNE II
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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 09:18
Voici un avant-goût de ce qui nous attend cette année :

Séminaire des Rencontres d’Arles
1 0 , 1 1 e t 1 2 j u i l l e t 2 0 0 9
Théâtre d’Arles
Boulevard Georges Clemenceau
13200 Arles

Cette année :
LE STATUT ARTISTIQUE DE LA PHOTOGRAPHIE


Programme prévisionnel


vendredi 10 juillet

9h30-10h30
Ouverture officielle, Comité de Pilotage

10h30- 11h30
Joan Fontcuberta
Photographie ou l’écriture des apparences, mirages, miroirs et paradoxes

12 h
Pause déjeuner et/ou visites d’expositions

14 -15 h
François Cheval
Histoires le la photographie, histoires des techniques, de grandes et petites histoires parallèles.

15 h- 16h
Michèle Chomette et un conservateur
La collection, l’exposition… Quelles places pour la (ou les) photographie(s). ?
Comment se crée une collection photographique, comment la photographie s'inscrit-elle dans le
musée?

16 h
Conférences sur site
3 ou 4 groupes, visites et réflexions autour des expositions accompagnées par des artistes, des
médiateurs ou des commissaires

19 h
Fin des travaux


samedi 11 juillet

10 h
Conférences sur site
3 ou 4 groupes, visites et réflexions autour des expositions accompagnées par des artistes, des
médiateurs ou des commissaires

12 h
Pause déjeuner

14 h
Arnaud Claass, photographe

15 h 30
Pause

16 h
Dominique Mérigard
Valeur du témoignage autour de son travail au Cambodge sur le camp S21

17 h
Fin des travaux, visite libre des expositions


dimanche 12 juillet

10 h
Conférences sur site
3 ou 4 groupes, visites et réflexions autour des expositions accompagnées par des artistes, des
médiateurs ou des commissaires

12 h
Clôture par le grand témoin
Emmanuel Davidenkoff

12 h 30
Fin des travaux, visite libre des expositions
Emmanuel Davidenkoff , grand témoin du séminaire, sera présent durant les trois jours. Il est
le rédacteur en chef de l’ETUDIANT, et chroniqueur sur France Info et France Musique.
Par ARLEZIENNE II
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 23:40
En attendant que ce blog soit effectif, quelques petits liens pour patienter...

1/ Tous les amateurs de photos doivent impérativement connaitre et fréquenter ce site :
link
2/ Ils doivent absolument s'abonner à la lettre hebdomadaire de l'agence MAGNUM :
link
3/ Un petit coup de pub ne faisant de mal à personne, ils doivent régulièrement visiter ce site superbe :
link


A VOUS !
(même procédure que pour les articles, postez un commentaire avec votre message et nous mettrons le lien ici) :

Et voici le premier lien "externe", de la part de Massimo (bravo Massimo et merci !) :
link
Portfolio SFR Jeunes Talents Arles 2009 :
link
Par ARLEZIENNE II
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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 16:06
Premiers commentaires en direct :
16 h 07 : terrasse à l'ombre... Je n'ai pas pris le cordon qui relie l'appareil photo au portable mais je peux déjà essayer la connexion  et vous parler du programme.
A 17 h., nous allons à l'Espace Van Gogh pour une visite guidée de l'exposition "Delpire et Cie". Nous avons assisté pour l'instant à plusieurs conférences dont nous rendrons compte dès ce soir.
La nuit risque d'être courte (ou longue... ) car c'est la Nuit de l'année (22h - 4h).
Par ARLEZIENNE II
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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 19:56

MATINEE


Début des festivités à 09 h. 30 dans la salle du Théâtre d'Arles. Ouverture du séminaire par le Comité de Pilotage.

De droite à gauche : Francis JOLY [Maître d'oeuvre de ce séminaire], François BARRE [Président des Rencontres d'Arles], Jean-Marie FLEURET [délégué du Ministère de la culture],  Jean-Yves MOIRIN [Inspecteur général de l'Education nationale pour les arts plastiques], Hélène MATHIEU [Inspectrice Générale de l'Education Nationale, Vice-présidente de la Ligue de l'Enseignement]. Des précisions seront ajoutées après débriefing. Ce soir, nous sortons après dîner : c'est la Nuit de l'Année. Compte-rendu demain (ou cette nuit si le personnel est en état de marche)...
*
Francis JOLY présente les intervenants qui, chacun leur tour, précisent leur vision du thème du séminaire : "Le statut artistique de la photographie".
François BARRE, en tant que spécialiste de l'architecture, débute en rappelant la nécessité de donner davantage de sens aux images. L'usage de la photographie doit se concevoir de façon sociale, à l'instar de l'idée de "maîtrise d'usage" utilisée en architecture.
J.M. FLEURET, rappelant que la photographie n'est pas la représentation du réel mais son expression, pose la question de son statut artistique. Dans la relation écriture-photo, il indique l'irréductibilité de l'image au texte et inversement.
J.-Y. MOIRIN, après avoir remercié les organisateurs du séminaire (Rencontres Photographiques, Ministère de la Culture, CNDP-SCEREN, et pour l'Education nationale la DEGESCO, le CNDP-SCEREN et l'IGEN), interrroge le statut de la photographie en milieu scolaire. Il rappele que son étude, menée au début par des passionnés, doit s'inscrire dans la logique du système éducatif.
H. MATHIEU se demande quels rapports entretient la démocratie avec la multiplication et la banalisation des images. Elle rappelle l'absolue nécessité d'un accompagnement dans le cadre d'une pratique en milieu scolaire. Elle insiste sur cette pratique, parfois oubliée au profit de la théorie.
D'autre part, elle a l'excellente idée de lancer un leitmotiev qui va parcourir tout le séminaire : elle compare les profs d'arts plastiques aux petits lapins en peluche utilisés par une pub pour des piles électriques qui doivent avoir beaucoup d'énergie pour affronter les difficultés de leur tâche permanente...

Quelques échanges avec la salle terminent cette ouverture, ce qui donne l'occasion à Emmanuel DAVIDENKOFF de prendre la parole. C'est le Grand Témoin de ce séminaire. Il a travaillé à l'Etudiant, Profs, Talents, Libération, a été chroniqueur à Radio RMC, Europe 1, France Info, France Culture. Il est aujourd'hui chroniqueur Education à France Info et rédacteur en chef adjoint de Phosphore.
*

Joan FONCUBERTA a présenté son travail avec humour et délectation, manipulant l'auditoire avec ses images détournées. Plusieurs axes de son travail actuel nous ont été soumis. Il a créé un personnage virtuel (son propre portrait mélangé à des images d'archive) dont le nom est la traduction du sien en arabe. Ce personnage appartient à l'organisation Al-Qaida, démontrant que l'on peut dire ce que l'on veut dans la presse et que les informations, crédibles ou non, ne sont jamais réellement vérifiées. Des pages de presse, des affiches, tracts, sites Internet, journaux télévisés... toute la panoplie de la communication de masse est utilisée.
Il a ensuite présenté son travail sur les paysages. Partant de la démarche de trois artistes internationaux (inventés ?) qui photographient des lieux historiques sur lesquels aucun vestige ne témoigne de quoi que ce soit, il propose une réflexion sur le paysage artistique suscité par les oeuvres d'art. Un logiciel scane des documents et les transforme en paysage virtuel après analyse de données topologiques.
Lien vers ce programme : link
Si les documents produits ont du sens quand il s'agit d'imaginer le paysage produit à partir d'un tableau de Cézanne ou de Friedrich, le jeu devient très surprenant quand le paysage est réalisé à partir d'un portrait ou d'une image abstraite... Plusieurs musées font appel à ses inventions à partir de tableaux de leurs collections.
Le troisième projet de Foncuberta s'articule autour de la question du miroir. Il nous a projeté des dizaines d'images prélevées sur Internet, mises en ligne par des individus exhibant leur intimité, ce qui peut être collecté sur divers sites parmi lesquels Myspace bien entendu. Ces autoportraits, qui peuvent être classés par catégories, sont autant de vanités qui n'intéressent personne que leur auteur. Cette compilation ne conduit pour l'instant à aucun projet particulier, il s'agit d'un travail en cours (work in progress si l'on veut faire plus branché). Il est preneur de toutes images sur le sujet et nous (vous) invite à lui envoyer à cette adresse :

*
François CHEVAL est Conservateur en chef du Musée Nicéphore Niépce. Commande lui avait été passée de parler devant nous de technique photographique. Le sujet ne lui convenant pas, il a préféré  - sans prévenir les organisateurs - réutiliser un texte écrit pour une autre occasion et le lire intégralement, ponctuant son intervention de sarcasmes que certains ont pu trouver légitimement déplacés...
Sa conférence se résuma donc en une lecture d'une demi-heure, accompagnée d'une projection sur l'écran du théâtre d'Arles sur le thème des portraits de famille, dont son musée est très riche.

*

 

Jean-Claude LEMAGNY et Michèle CHOMETTE ont participé à une table ronde sur le thème de la collection publique et privée. L'échange a permis à ces deux spécialistes (Lemagny en tant que conservateur de la BNF et Chomette comme l'une des plus importantes galeristes françaises) de développer un point de vue plusque compétent sur la question. Rappelons que J-C Lemagny est un des plus grands auteurs a avoir traité la question du statut artistique de la photographie, notamment dans ce qui est devenu un ouvrage de référence : "L'Ombre et le temps, essais sur la photographie comme art" (Nathan). Il est, en compagnie d'André Rouille, l'auteur de l'incontournable "Histoire de la photographie" parue chez Bordas.

Rappelons également que Michèle Chomette est une des galéristes françaises les plus importantes et qu'elle défend la photo depuis un certain temps... (clichés Jane Planson)

Voici un lien vers une page Internet intéressante consacrée à Eric Rondepierre (exposé aux Rencontres 2009, voir plus loin) sur le site de la Galerie Michèle Chomette : link

Et un autre vers la galerie Chomette et ses artistes : link


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Nous-nous sommes ensuite rendus sur les sites, ce dont les chapitres suivants vont rendre compte.

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APRES-MIDI

De retour au centre-ville, nous avons visité l'exposition Robert DELPIRE à l'Espace van Gogh. Plusieurs sites rendent hommage à cet omniprésent photophile dont le champ d'action révèle une étendue surprenante... A l'Espace van Gogh, quatre lieux se répartissent l'activité multiple de l'éditeur. De nombreuses reproductions contemporaines témoignent de l'étendue et de la variété des tirages publiés dans la collection Photo poche. Bien que le format unifié par les contraintes de l'édition neutralise les particularités des vintages, l'ensemble demeure spectaculaire et impressionnant !
Dans un autre lieu, ce sont les couvertures de magazine et des photos publiées par la presse. Ailleurs, on peut voir des livres (pas nécessairement de photographie). Partout, un ensemble fascinant qui retrace une carrière d'amour pour le médium.
Sur cette photo, notre Grand Témoin s'implique dans sa tâche avec sérieux...

Dans la cour de l'Espace van Gogh, signature de livres... René BURRI porte un splendide chapeau !


ENVOI DE FRANCOISE HELLARD


Un bonheur de revoir des doubles pages de la collection Photo Copies de Delpire, livres hélas épuisés qui mériteraient une réédition au vu des choix et de la qualité iconiques des photographies reproduites autour de thèmatiques pédagogiques récurrentes : Identités, Le temps dun mouvement, Botanica, L'oeil de la lettre, La couleur du temps, Vanités...

Lien vers les Editions Delpire, un peu de pub sans royalties : link

 

Un peu plus loin, un plaisir de revoir des "contacts peints" de William Klein, où graphisme, peinture et photographie se répondent et s'interpénètrent.

« Le geste que tous les photographes du monde font en choisissant une telle image sur la planche contact. » W-Klein


*

SOIREE


DESAPPARENCES est le titre de l'exposition
de Nathalie VICTOR-RETALI au siège du Parti Communiste : très belles photographies de détails urbains, reflets et transparences colorées et remarquablement cadrées...
Lien vers son site : link
Pour ceux qui ont suivi le blog l'an passé : nous avons raté le vernissage à une journée et c'est assez décevant. Nous tâcherons de faire mieux l'an prochain !
Quant à Bruno, il préfère photographier l'extér
ieur dans une position peu conforable, ce qui témoigne d'une certaine souplesse.
*

NAN GOLDIN PAR CHRISTINE SCHEELE :



Rencontre publique : la photographie, journal intime du photographe

Avec Nan GOLDIN, Antoine d’AGATA, JH ENGSTÖM, Leigh LEDARE, Thomas FlLORSCHUETZ, Paulo NOZOLINO.


Vendredi 10 juillet il fait beau et chaud dans la cour du 34 rue du Docteur Fanton. Des transats accueillants attendent les spectateurs, comme pour une sieste paisible.


Nan et ses invités arrivent, un peu inquiets, complices.

Dès la première question, les photographes, un par un répondent au journaliste (?) désarçonné qu’ils ne peuvent pas parler d’intimité en public. Le ton est donné, rien ne sortira de cette rencontre. Le journaliste ne pense qu’aux questions qu’il va poser, il les lit avec impolitesse pendant que les artistes tentent de formuler des réponses ; il hoche mécaniquement la tête, mais il est déjà sur la préparation de la question suivante. Aucun dialogue donc, l’artiste reste seul face au public. Public qu’il ne regarde pas, qui ne l’entend pas car les photographes peinent à parler et lorsqu’ils prononcent enfin quelques mots, c’est avec tant de discrétion ou de retrait que personne n’entend, des paroles le plus souvent en anglais qui tombent dans le vide et qu’un traducteur au premier rang traduit de façon exclusive pour les artistes et quelques rares privilégiés qui ont reçu un casque.

Mise en scène grotesque et absurde. Les artistes n’ont pas envie d’être là, le public part...


Et puis, je suis allée visiter l’Atelier de Mécanique là où sont exposées les photos des invités de Nan GOLDIN… Et j’ai compris. Que cette rencontre était impossible, qu’un discours anodin sur un vécu émotionnel aussi intense était improbable. Que les photographies apparaissaient peut-être là où justement il n’y avait plus de place pour les mots. Que rien ne pouvait être expliqué, là, devant une foule de vacanciers plus ou moins avertis. De ces photographies il était impossible de discourir sans heurt et sans pudeur.


Alors, merci de ce silence, de cette retenue, qui accompagne la sincérité d’une pratique artistique qui est sur un pied d’égalité avec la vie. Ce n’était pas aux photographes de parler mais aux spectateurs de recevoir, d’aller chercher, de se protéger peut-être aussi.

Et finalement, cette rencontre ratée était une expérience riche.

Nan Goldin était sans concession, troublée, à fleur de peau, avec un regard d’une profondeur insoutenable.


Et puis samedi pour la projection de The ballad of sexual dependency Nan Goldin était là, superbe, rayonnante, elle se jetait dans les bras des musiciens du groupe des Tiger Lillies sans retenue. Il suffit parfois d’être là, d’être avec, près de quelqu’un pour être éblouis, irradiés.


Je n’ai pas fait de photos.

 

 

 

 

"NUIT (de l'année ?)"

 



Nous venons d'assister à la "Nuit de l'année". Il est bien tard mais nous sommes encore lucides ! En dehors de l'aspect convivial et du climat qui - à cette heure avancée - ne peut que séduire des Normands en goguette, nous restons sur notre faim. Nous avons assisté ce matin à des interventions plaçant l'image au coeur de problématiques cruciales pour les arts plastiques. Parmi celles-ci, Joan Fontcuberta a accordéde l'importance à quelques images, donnant du sens à un dispositif et une démarche aux aspects esthétiques et sémantiques indéniables. Avec le temps de décrypter, de s'attarder sur des détails, de justifier un processus créatif... nous avons posé nos bagages et pris du recul.
Les Rencontres d'Arles, depuis le début, privilégient des regards singuliers souvent pertinents, soutenant généralement des individualités à l'engagement artistique fort. Aussi sommes-nous systématiquement perplexes devant ces "Nuits de l'Europe" et autres "Nuits de l'année" dont les projections sur d'immenses écrans abreuvent les spectateurs d'un flot ininterrompu d'images sans aucune hiérarchie : compilations sociologiques (SDF, jeunes asiatiques, soldats... ), images de mode, dépliants  touristiques aux couleurs vives et saturées ou en noir et blanc esthétisés... des milliers de clichés ne demeurant pas plus de quelques secondes sur les écrans, le tout en accompagnement (qui accompagne quoi ?) d'une "muzak" stéréotypée sans autre lien avec les projections que le rythme binaire.

Comment expliquer la cohabitation du travail indéniablement majeur de Nan Goldin sur la souffrance et la marginalité avec cette profusion d'images dont nous sommes incapables, malgré d'indiscutables efforts, de retenir un unique souvenir ?

Cependant, rien que pour vous, Daniel a réalisé cette (sublime) vidéo :

 

Par ARLEZIENNE II
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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /Juil /2009 22:39
Aujourd'hui, notre programme est un peu "décousu", mais essentiellement consacré aux visites d'expositions.

MATINEE

Ce matin, nous avons découvert la rétrospective On a pas tous les jours vingt ans, consacrée aux quarante ans des Rencontres. Christian Caujolle nous a décrit les conditions dans lesquelles cette rétrospective a été réalisée et nous a présenté l'exposition avec beaucoup de simplicité.
Il se dégage de cet ensemble une atmosphère nostalgique car il semble qu'aujourd'hui les photographes n'aient plus accès à la même convivialité qu'il y a quelques années... De nombreuses images témoignent de luttes (féminisme, pacifisme, antimilitarisme... ) dont les photographes actuels se soucient nettement moins. La photographie a énormément évolué ces dernières années, le basculement vers la "photographie plasticienne" ayant quelque peu fait oublier les enjeux sociaux et les problématiques idéologiques des années 1970 - 1980. Il faut s'adapter à cette nouvelle donne sans laisser de côté la particularité indéniable de la photographie de rendre colmpte du "ça a été"...
Cette rétrospective, de manière très lisible, présente des reproductions de photographies (aucun tirage vintage ni reproduction photographique) sous forme imprimée en noir et blanc, dont certaines sont inédites. La chronologie permet de suivre - avec bonheur - l'expansion des Rencontres qui, d'un festval marginal à une des plus grandes manifestations du monde, ont présenté un panorama global de l'image du vingtième siècle.
*
Nous avons profité de notre présence aux Ateliers pour visiter les expositions des bâtiments voisins. La révélation de l'an passé a été indiscutablement Pierre GONNORD, cette année, nous sommes nombreux a reconnaitre unanimement de nombreusses qualités plastiques et sémantiques à Eugene RICHARD qui surplombe cette sélection. Ses clichés, remarquablement cadrés, éclairés et composés, rendent compte d'un univers poétique personnel, narratif (chaque image raconte une histoire). Si l'homme est totalement absent de ses clichés, c'est l'humain qui demeure le sujet permanent de ses images : absence, mort, disparition... tout nous ramène à l'essentiel. Ses images sont rares, elles sont belles.
Il est difficile de décrire ces images, elles sont nombreuses et l'ensemble est hétérogène... Ce sont des clichés pris dans des lieux désertés de l'Amérique profonde, loin des stéréotypes de la misère, de la marginalité, de la drogue et de tous les artifices que l'on retrouve par ailleurs dans une sélection qui, cette année, suit bien entendu les impératifs de la mode et des inflexions de l'invitée... Nan Goldin est certes une des plus grandes photographes actuelles, sa pratiques est indéniablement l'une des plus fortes artistiquement, elle n'en demeure pas moins marquée du sceau d'une certaine contemporanéité dont les effets côtoient souvent la complaisance. Ici, nous sommes à des lieux de cette systématisation : ces images où tout est travaillé donnent l'illusion d'un réel capté par inadvertance. Jamais un homme n'est présent mais, comme chez Chardin, on sent qu'il n'est pas loin.
Oiseaux morts sur le sol d'une pièce au papier peint saturé, vitre brisée qui laisse transperser un ciel brumeux, cheval aux naseaux humant le bois d'une porte à demi brisée... ce monde est le nôtre, fragile et incertain. Un livre chez Phaidon (cadeau de Noël si l'on se réfère au prix, il n'en demeure pas moins incontournable quant à la qualité des reproductions).

Lien vers le site Internet de Richards : link
*


PRIX DECOUVERTE 2009
 
Après cette révélation qui, à notre avis, restera longtemps gravée dans certaines mémoires, nous avons visité la halle consacrée au Prix Découverte 2009. Ce bâtiment est dévolu aux présentations de photographes concourant pour la promotion 2009. Nous avons retenu pour vous ceux qui nous paraissent les plus intéressants.
Les photos de Moira Ricci ne laissent pas immédiatement paraître leur intérêt. Ce n'est qu'après un regard approfondi que l'on perçoit sa démarche. Dans d'anciens documents familiaux, elle a ajouté son portrait (montage infographique), donnant une trame nostalgique à l'image de l'absence : la mort de sa mère a laissé un vide qu'elle tente de combler...
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MOIRA RICCI PAR FRANCOISE HELLARD

Qui n'a pas rêvé de revenir dans le passé ? D'être de nouveau présent et proche de ceux qu'on a aimés ?
La retouche numérique, finement maîtrisée par Moira Ricci, nous fait entrer dans une quatrième dimension crédible et troublante où la photographie est le médium d'une mémoire désirée et inventée et l'image produite la preuve fictive d'un désir concrétisé.
La démarche de Ricci m'a fait penser à celle d'une photographe norvégienne, Vibeke Tandberg, dans sa série Living Together de 1996 où elle s'invente une histoire familiale dans un album où elle se met en scène avec son double (soeur jumelle) qu'elle crée par insersion numérique.
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RONI HORN PAR JANE PLANSON


Roni Horn, A.K.A,

Les ateliers
Arles 2009
Sans questionner plus avant A.k.a (as know as), titre de l’exposition de Roni Horn, photographe américaine, nous pénétrons, sans filet théorique, un espace lumineux et quasi désert.
La disposition de ces doubles portraits autorise à penser qu’il s’agit apparemment du même individu photographié à des époques différentes.
Bien que les deux visages soient déclinés dans deux tranches d’âges a priori repérables, ils sont aussi chaque fois différents. Les distinctions ont partie liée aux variations d’éclairage, aux couleurs, au moment de la journée, au choix du noir et blanc et/ou de la couleur (alternant sans logique et créant, par cette absence de choix apparent, des distorsions temporelles), aux différents photographes (si nous supposons qu’il s’agit de portraits et non d’autoportraits, rien de certain). L’environnement qui nous permettrait de situer les sujets dans l’espace et le temps, est peu présent dans le champ. Incertain encore, le lien de filiation entre les doubles portraits (s’agit-il finalement de la même personne ? d’une sœur ou nièce, d’une jumelle, d’un jumeau ? Nous supposons qu’il existe un lien de parenté dont la nature reste équivoque.
Le doute persiste lorsqu’à l’issue de la première archéologie du regard, nous rejouons la scène de la visite en quête de sens - logique, raisons, narration, fabulation…- à la mise en espace de ces doubles portraits.
Vainement. Le regard pensant est mis à mal dans sa captation de la figure de l’autre, chargée d’ambiguïté, d’ambivalence et d’ubiquité. Fascinante altérité.
Nous nous demandons encore si, finalement, toutes ces photos, espacées chronologiquement, n’auraient pas été prises dans un laps de temps plus court que leur agencement ne le laisse paraître. La variation, due à un éclairage, une coupe de cheveux pourrait résulter d’opérations de retouche. C’est ainsi que le regardeur égaré tente de se rassurer. Sinon pourquoi l’artiste montre-t-elle sans souci d’unité temporelle, sans fil conducteur repérable… ces visages du même ?
Les questions nous taraudent au delà de celles qui ont partie liée à l’identité, au genre, au double, notions que l’artiste véhicule et interroge dans son oeuvre.
Autres motifs à ce trouble invoqués : nous regardons par le prisme de regards de photographes différents, Roni Horn et celui ou ceux qui ont capté ces visages extraits par l’artiste, à la fois photographe et sujet photographié. La question de l’existence du temps et/ou de sa relativité émergent alors et renforcent notre altérable individualité, contrainte de se construire au passé, présent et futur, concepts inventés pour nous soustraire à d’inéluctables affres. Mais ici, le temps se brouille et se couvre ; nous sommes seuls face à ce va et vient d’un visage juvénile à son double plus âgé. Le sens de lecture s’inverse parfois et ruine notre désir d’y voir plus clair. Nous avançons qu’il s’agit d’un double sans être certain de l’identité, du genre, de l’âge et finalement de la réalité de l’existence de l’individu capté ici. Le temps et sa conceptualisation ainsi démasqués et révélés se muent, non plus en stabilisateurs mais en maîtres chanteurs, manipulateurs et joueurs. Accélérations, distorsions, ellipses, élasticité, ubiquité, androgynie bredouillent dans une unité spatio-temporelle ou spatiale sans attache temporelle, sinon celle de l’instant au cours duquel nous regardons ces clichés. Le présent passé, présent présent et présent à venir, s’effilochent, au point de nous faire douter finalement de ce à quoi nous sommes présents. In fine, cette déroute si finement amorcée par un choix de tirages et une mise en scène judicieux, nous renvoie à la manière dont nous construisons de a à z nos souvenirs, notre mémoire, grâce, entre autre chose, à la trace photographique, aux commentaires  énoncés autour et à propos des clichés conservés par les proches, les parents, les amis, clichés susceptibles de dé-former un réel vécu, de le re ou ré-former, voire d’en substituer un autre avec lequel chacun pourra inventer et raconter sa vie.
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LEIGH LEDARE PAR VERONIQUE BAUDIN

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Adrian Missika photographie des sites en s'intéressant au vides, aux interstices qu'ils révèlent.
Eric Rondepierre, dont le travail n'est pas inconnu des plasticiens, expose une série utilisant des images de cinéma, mélant leur apparence à celles de nouveaux clichés. Comme toujours dans son travail, l'interaction entre différentes disciplines demeure au coeur de sa démarche.
Ici, l'installation de René Burri dont on ne voit pratiquement rien... Ses images sont exposées dans le noir. Elles sont issues de prises de vues immédiatment réalisées après le 11 septembre 2001. Burri a été surpris par l'absence subite de lumière, il tente de rendre compte de cette incroyable spécificité pour un photographe. Son exposition peut se visiter avec une lampe de poche, prêtée à l'entrée. Cette expo n'a rien à voir avec le reste de ce chapitre, j'ignore pourquoi elle se retrouve ici !
La mise en ligne des images est parfois très longue, ce qui explique cet aspect "décousu"...
Yang Yonglian crée des images très esthétisées, inventant des paysages qui renvoient à l'imagerie traditionnelle chinoise. Composés d'un patchwork de grattes-ciel aux couleurs acidulées ou en noir et blanc, de tours électriques, d'autouroutes et de ponts, ses oeuvres parlent autant de la modernité que du passé.

Olivier Metzger présente des images souvent éclairées à la lueur des phares. Dans la brume ou la nuit, l'instant semble arrêté définitivement et ce mouvement figé donne l'impression d'un "ça a été" virtuel.
Laurent Millet perce de nombreux trous à la surface des tirages, créant ainsi une image dans l'image qui apparaît au moyen d'une source lumineuse interne au dispositif. L'apparition alternée de la lumière rend très difficile la prise de vue... Aussi Françoise a-t-elle eu la lumineuse idée de faire un petit film.

Les tirages de Léon Herschritt, bien que très conventionnels, procurent toujours le même plaisir devant un portrait connu que l'on sent photographié avec affection.

Le tour de la halle dévolue au Prix Découverte 2009 se termine avec les grandes et belles natures mortes de Véronique Ellena. Picturales et relativement conventionnelles, elles n'en demeurent pas moins d'une grande efficacité. Un poulpe a particulièrement retenu notre attention...
Le lauréat du Prix Découverte des Rencontres d'Arles est Rimaldas VIKSRAITIS. Photographe lituanien, il témoigne de la situation dramatique de son pays, montrant froidement des images implacaples de la misère qui frappe les concitoyens de son village.
*

PAULO NOSOLINO ET LISA ROSS PAR FRANCOISE HELLARD


Samedi matin, rencontre avec le photographe portugais Paulo Nosolino.

Ecorché vif, il confie avoir vécu des déchirements et épreuves personnelles sombres. Désabusé par la photographie actuelle où il ne ressent que très rarement un engagement sincère et personnel du photographe, il présente un choix drastique de 32 photographies en noir et blanc (plus ou moins anciennes) exposées sur une cimaise, à l'horizontal. Volonté de petits formats afin d'obliger le spectateur à entrer dans l'image, espacement de 1,5 cm entre chacune, afin de percevoir l'image précédente et à venir et faire ressentir une narration proche du cinéma, Nosolino nous plonge dans son univers intemporel et ténébreux. Pour lui, son travail se révèle dans les tirages argentiques exposés et les livres, non dans des formes plus "réductrices" comme le diaporama  présenté à Arles (pourtant dégageant une atmosphère extrêmement puissante et dramatique) et qui, selon lui, ne reflète pas son véritable travail et engagement...

" Je peux prendre n'importe quelle photo, c'est moi qui change ensuite ce que je vois de ce que je ressens"

Une invitée de Nan Goldin, Lisa Ross, présente des photographies et une vidéo de rituels sacrés du nord de la Chine, de l'ethnie des Ouïghours.
C'est l'ambiance particulière de cette installation qui surprend, (peut-être due à la lumière tombant des toitures des ateliers de la SNCF au moment de la visite). Totalement hors de notre culture, aux antipodes du travail et des choix de Goldin, nous est proposé un entracte zen, mystérieux et poétique...
*

APRES-MIDI

Après le déjeuner, la navette nous a conduits aux Ateliers où nous avons découvert le travail dérountant de Brian GRIFFIN. L'exposition présente des tirages d'assez grand format en noir et blanc et en couleurs ainsi qu'une projection. Plusieurs séries sont dévoilées parmi lesquelles on peu aisément percevoir les traces de l'humour britannique.
Des mises en scène très travaillées mais aussi de superbes compositions pour répondre à des commandes officielles. Parmi ces images, une très belle série commandée par les actionnaires du Tunnel sous la Manche en hommage aux ouvriers qui l'ont creusé.
Une autre série intéressante, intitulée Le Peuple de l'eau, rassemble des portraits déroutants, déformés par les ondes du liquide.

Après cette visite stimulante et joyeuse, nous avons été relativement déçus par la projection des derniers clichés de Martin Parr : aucune surprise, des personnages déplaisants photographiés à la manière de la moins bonne presse "people", bref... ce n'est pas de cette projection que nous garderons le meilleur souvenir !

D'autres expositions nous attendent au centre-ville et nous allons commencer par celles de l'Archevêché. En dehors d'une exposition que nous avons trouvé malvenue, et sur laquelle je reviendrai ensuite, les clichés de Naoma HATAKEYAMA sont assez impressionnants : des maquettes d'architecture photographiées avec une profondeur de champ qui fait douter de ce que l'on voit...
Les clichés reproduits ci-dessous sont des photographies "nocturnes" de maquettes disposés sur des caissons lumieux créant une duplicité supplémentaire puisque la source de lumière interne à la maquette se confond avec celle du caisson.


Au dernier étage de l'archevêché, de plain-pied avec la terrasse ensoleillée, une exposition de photographies vintage (essentiellement des cartes postales) rassemble une collection de pendaisons d'esclaves au Etats-Unis. Sans aucune annonce préalable autre que celles proposées de façon très aimable par les gardiennes, le spectateur-chaland tombe donc pratiquement par hasard sur ces clichés épouvantables. Il nous a semblé que l'absence d'attention particulière ne peut que s'interpréter comme de la complaisance car ces images n'ont pas un statut anodin !


Laurence Leblanc par Jane Planson

Magasin électrique,
Parc des Ateliers
Exposition organisée par le Méjean


SEUL L'AIR
Laurence part généralement six semaines en mission. Ses derniers prétextes, L’Afrique, ou plutôt, les Afriques, la conduisent à développer une réflexion où l’imprégnation est la grande inspiratrice. Elle s’exerce d’abord sur l’individu, puis sur la terre qu’il foule, qui le nourrit, l’asservit, l’enivre et le tue parfois. Laurence Leblanc revendique, à sa manière, l’usage des sensations primitives, éprouvées par le sujet (ici photographe), décentré, isolé et comme recontextualisé dans un environnement étranger, parfois hostile, avec lequel il faut négocier, pour qu’il se laisse pénétrer. Simon Njami relève d’ailleurs à propos de son œuvre : « En acceptant la subjectivité de tout regard, on échappe à la tentation prométhéenne de restituer le réel. »
Les thématiques qu’elle développe, notamment au Cambodge, « la faim et le mythe », « La construction d’un enfant », la rendent attentive à la notion d’intuition dans l’instant. Elle en rend compte en pratiquant le flou qui traduit l’instant présent et le mouvement.L’exposition « Seul l’air », titre inspiré d’un poème de Pablo Neruda, propose des clichés argentiques réalisés en Somalie, au Congo, à Cuba, au Brésil et à Madagascar avec 6x6, un 24x36 et un 6x12. Certains tirages initialement rectangulaires, ont été recadrés, pour répondre à un souci d’homogénéité et pour éliminer ce qui viendrait parasiter l’intention initiale. Une quarantaine de photos sont accrochées et espacées de quelques centimètres, ce qui induit  tentation et tentative narratives. Quelques triptyques constitués de formats rectangulaires viennent également rythmer et arrêter le regard, emporté dans une lecture plutôt cinématographique.. L’absence de verre sur les tirages renforce la proximité physique et fait naturellement émerger une picturalité, un grain qui induisent un lien à la peinture. La photographe avoue privilégier la matière, qu’elle affectionne dans la peinture et qu’elle tente de transposer ou de traduire dans sa pratique photographique. Le flou a également partie liée avec cette volonté plasticienne. Au deuxième regard, le questionnement autour de ces Afriques engendre une réflexion sur  l’accrochage, lequel, par sa réalité et les choix qu’il implique, autorise l’artiste à porter attention à la manière dont elle va organiser la mise en page de ses photographies au cœur du support livre (Edition Actes Sud).
L’accrochage, ce 13 juillet fait débat : comment échapper à la tentation du récit et de la narrativité devant des photographies de même format, espacées seulement de quelques centimètres et dont la densité, la charge énigmatique, le choix du cadrage, la sensualité des sujets et de la lumière nous fascinent ?
Nous songeons au fameux effet Koulechov (principe cinématographique qui donne toute son importance au montage et donc à l’ordre dans lequel les images sont montrées au spectateur. Ainsi l’image d’un même visage neutre ou inexpressif a priori pourra-être interprétée de diverses manières si l’image positionnée avant et/ou après ce visage diffère ; le visage donnera ainsi l’illusion d’exprimer des expressions différentes). Le cinéaste russe Eisenstein a exploité ce principe pour renforcer notamment la dimension dramatique et expressive dans « Le Cuirassé Potemkine ». Forts de ces remarques, nous jouons avec l’artiste et saisissons, dans un commun élan, la liberté d’interpréter et de sur-interpréter à l’envi son montage. Nul diktat donc, mais une rencontre, avec une artiste dont la vie forte et erratique, a su croiser nos âmes engourdies, errantes et suspendues, mais toujours avides de se raconter, via le médium présent. « La narrativité  s’est  développée en notre espèce comme technique de survie » suggère Nancy Houston dans son dernier essai « L’espèce fabulatrice ». Elle n’a peut-être pas tort.

Jane Planson Août 2009

Par ARLEZIENNE II
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Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /Juil /2009 22:20
La matinée est consacrée en grande partie à la cérémonie de clôture du séminaire et c'est Bruno qui se charge du compte-rendu :

Lors de cette séance, le grand témoin, E. DAVIDENKOFFs’interroge sur le fait que le statut artistique de la photographie soit mis en question quand il est totalement acquis pour les autres arts.

A l’école, l’excellence dans les disciplines artistiques n’ouvre que peu de portes à l'inverse de la technologie ou de l' EPS, par exemple.

« L’école externalise ce qui la dérange. »

Le caractère « démocratique » de la photo, accessible facilement et d’une pratique immédiate ne serait-il pas à l’origine de cette « intranquillité » ?

Il se demande s’il est possible, de l’intérieur de l’école, de se montrer subversif.

Les disciplines artistiques peuvent-elles « contaminer » les autres ou bien doivent-elles rester cantonnées dans leur domaine ?

Quoiqu’il en soit, la question de l’éthique de la puissance publique est posée.

L’information ne passe pas et les menaces envers les rétifs sont bien présentes qui posent question.

Le Grand témoin est fortement applaudi, bien que sa modestie ait permis simultanément de féliciter François JOLY. Jean-Yves MOIRIN se mêle aux remerciements et clôt le séminaire 2009 avant des boissons fraîches...


Pour le reste, nous visitons l'exposition Willy RONIS à l'église sainte Anne. Rétrospective importante, qui nous remet dans l'histoire de la photographie. Tant de clichés célèbres et d'images admirables, c'est également un des bonheurs d'Arles que de présenter ces rétrospectives simultanément à des monographies importantes d'artistes (encore) peu connus...

Vidéo permettant d'entendre (et de voir) Willy Ronis parler de ses images :

Willy Ronis par Françoise Hellard :
"Un Dimanche au Louvre, 1968 ...puis un vendredi à Arles, 2009".




Parmi d'autres photographes célèbres présents cette année, face à l'église sainte Anne, dans le cadre de l'Archevêché, une exposition (importante également) est consacrée à Duane MICHALS. Clichés récents et plus anciens, séries connues et inédites, encore une exposition dont on pourrait imaginer la découverte au Jeu de Paume...
Plusieurs de ses célèbres séries narratives - sortes de storyboards présentés comme des romans-photo - sont installées en petits formats jouissifs (il est tellement regrettables que les petits formats se fassent si rares aujourd'hui !). D'autres tirages, plus anecdotiques, s'amusent de ses fantasmes homosexuels et de ses influences surréalistes. Parmi les dernières séries, nous goûtons particulièrement l'ensemble qui tourne en dérision quelques stéréotypes de l'art contemporain. Nous pouvons ainsi rire devant le sogo "dollar " réalisé en pellicules de Jeff Koons, devant l'étron rouge vif de Serrano, devant une satire pseudo érotique de Vanessa Beecroft, etc.
QUELQUES IMAGES DE FRANCOISE HELLARD AU PALAIS DE L'ARCHEVECHE


Cette année, le Musée Réattù n'a pas véritablement participé aux Rencontres et cela nous fait bien entendu regretter l'édition précédente où Christian Lacroix l'avait investi de manière magistrale... Nous avons tout de même apprécié l'atmosphère chaleureuse du lieu et les collections permanentes, nettement orientées vers la photographie. A noter une exposition Picasso-Brassaï, sans surprise (mais il ne faut pas systématiquement cracher dans la soupe !).
Voici quelques photos-souvenir et un lien vers le site Internet du musée : link

Grand polyptyque cibachrome de Pascal Kern : "Sculptures", 1988

Installation-sculpture de Javier Perez : "Mascara Ceremonial" (tissu et crin de cheval blanc, résine de polyester), 1998.
Belles épreuves argentiques en noir et blanc de Jacqueline Salmon : série "L'ombre et les nuages" (1997-1998) :


Au "Méjean", en collaboration avec les éditions Actes Sud, est proposé un ensemble de photographies publiées par le Nouvel Observateur sous la direction de Robert Delpire. C'est donc un autre volet des présentations qui lui sont consacrées cette année. A l'occasion de cette exposition, le Spécial Photo n° 8, intitulé "Tout seul", regroupe des photographies de Raymond Depardon, Michael Ackerman, Roger Ballen, Lisette Model, Alexandra Rodtchenko, Shoji Ueda et des textes de Dominique Eddé, Sylvain Roumette, Anne-Marie Garat et Gilles Peress.
Par rapport à l'an passé, il y a nettement moins de photographies de mode et nettement plus d'images de presse. Compte-tenu de la personnalité du commissaire de 2008, c'est assez compréhensible... Ici, un cliché de Shoji Ueda  de 1996 qui vient contredire cette affirmation : "Mode sur la dune".
En même temps que les photographies, un ensemble d'illustrations agrandies d'André François est présenté ainsi que d'autres oeuvres d'illustrateurs parmi lesquels Nicole Claveloux, Etienne Delessert, Jacqueline Duhême, Pierre Etaix, Henri Galeron, Ronald Searle, Tomi Ungerer...
La suite demain, je suis fatigué !


Par ARLEZIENNE II
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Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 09:15
Le séminaire étant clos, nous vous transmettons maintenant ce que nous avons vu le 13 juillet. Les lieux présentant des Rencontres sont dispersés dans la ville et en débordent parfois. C'est ainsi que l'Abbaye de Montmajour propose tous les ans une sélection intéressante dans un cadre sublime.
L'abbaye, située légèrement à l'extérieur de la ville, offre un peu de calme et de fraîcheur (toute relative cependant... ). Cette année, plusieurs expositions y sont présentées :
Dans la grande salle, une exposition impressionnante de Lucien CLERGUE nous surprend...
Réputé pour ses photos de nu relativement stéréotypées, Clergue est surtout important en Arles comme  pères des Rencontres... On lui doit également un travail important avec Picasso, son ami jusqu'à sa mort.
Les tirages sont de grande taille, parfois immenses comme cette bâche qui pend du plafond. Eros et Tanatos, mort, sacré et amour se mêlent dans des palimpsestes photographiques où de multiples couches constituent une image très esthétisée bien qu'extrêmement forte. On peut reconnaitre des tableaux mêlés à des corps nus, des toreros, des taureaux, des objets liturgiques et la statuaire religieuse... le tout dans une gamme chromatique souvent dorée donnant l'aspect d'un précieux clair-obscur. Le lieu, dépouillé et grandiose, se prête bien évidemment à la mise en scène du sacré et offre un bel écrin à cette exposition surprenante. Avec Clergue, c'est une nouvelle "star" de la photographie qui est exposée cette année.

Dans d'autres salles de l'abbaye, plusieurs expositions : Une présentation de paysages en très grand format d'Elger ESSER, très graphiques et paradoxalement très picturaux ressemblent à des aquarelles du XIX° siècle réalisées par des artistes peintres en voyage académique en Italie... La taille des tirages y est cependant pour beaucoup, il est évident que le même effet ne serait pas obtenu avec des dimensions moins spectaculaires.

Dans une autre salle, les élèves de l'Ecole de photographie d'Arles présentent quelques travaux de l'année : clichés pris lors de festivités dans la région qui n'en manque pas...
Au même endroit, on peut voir des photos de Pierre MALPHETTES. Ce sont des clichés en liaison avec une vidéo, diffusée également dans la salle. Elle raconte l'histoire d'un pick-up noir portant un conteneur rose lumineux qui traverse une zone urbaine avant de s'enfoncer dans la nature.



L'ABBAYE DE MONTMAJOUR PAR FRANCOISE HELLARD


Quand je suis arrivée à l'Abbaye de Montmajour (un détour s'impose), Lucien Clergue terminait de présenter son exposition; il se prêtait simplement avec un certain amusement aux questions et aux sollicitations des spectateurs curieux. Il est toujours émouvant de voir une figure de la photographie française ayant côtoyé Picasso, Cocteau, Tournier...
Il parle de ses "Surimpressions" comme une fabrication d'images où le hasard se mêle à une exigence pointue et maîtrise technique traditionnelle; une erreur d'un de ses assistants, lui donnant une pellicule déjà exposée est à l'origine du concept de ces séries. Des fragments d'oeuvres-icônes de l'histoire de l'art, photographiées dans divers musées du monde, se superposent à des prises de vue de nus féminins, de scènes de corrida, thèmes de prédilection de Clergue. Les deux qualités lumineuses (naturelle et artificielle) sur une même pellicule non adaptée pour les deux, provoquent cette surimpression colorée de deux images, l'une plus chaude, l'autre plus froide. Clergue insiste sur son attachement viscéral à l'argentique. Son oeil pétille quand il parle de ses modèles féminins...dont les postures lassives se jouent des chairs peintes de scènes bibliques dans un dialogue qui laisse certains dubitatifs !

Par curiosité, un interview de Roland Dufau, tireur d’images pour Lucien Clergue : link







Par ARLEZIENNE II
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