Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /Juil /2009 19:56

MATINEE


Début des festivités à 09 h. 30 dans la salle du Théâtre d'Arles. Ouverture du séminaire par le Comité de Pilotage.

De droite à gauche : Francis JOLY [Maître d'oeuvre de ce séminaire], François BARRE [Président des Rencontres d'Arles], Jean-Marie FLEURET [délégué du Ministère de la culture],  Jean-Yves MOIRIN [Inspecteur général de l'Education nationale pour les arts plastiques], Hélène MATHIEU [Inspectrice Générale de l'Education Nationale, Vice-présidente de la Ligue de l'Enseignement]. Des précisions seront ajoutées après débriefing. Ce soir, nous sortons après dîner : c'est la Nuit de l'Année. Compte-rendu demain (ou cette nuit si le personnel est en état de marche)...
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Francis JOLY présente les intervenants qui, chacun leur tour, précisent leur vision du thème du séminaire : "Le statut artistique de la photographie".
François BARRE, en tant que spécialiste de l'architecture, débute en rappelant la nécessité de donner davantage de sens aux images. L'usage de la photographie doit se concevoir de façon sociale, à l'instar de l'idée de "maîtrise d'usage" utilisée en architecture.
J.M. FLEURET, rappelant que la photographie n'est pas la représentation du réel mais son expression, pose la question de son statut artistique. Dans la relation écriture-photo, il indique l'irréductibilité de l'image au texte et inversement.
J.-Y. MOIRIN, après avoir remercié les organisateurs du séminaire (Rencontres Photographiques, Ministère de la Culture, CNDP-SCEREN, et pour l'Education nationale la DEGESCO, le CNDP-SCEREN et l'IGEN), interrroge le statut de la photographie en milieu scolaire. Il rappele que son étude, menée au début par des passionnés, doit s'inscrire dans la logique du système éducatif.
H. MATHIEU se demande quels rapports entretient la démocratie avec la multiplication et la banalisation des images. Elle rappelle l'absolue nécessité d'un accompagnement dans le cadre d'une pratique en milieu scolaire. Elle insiste sur cette pratique, parfois oubliée au profit de la théorie.
D'autre part, elle a l'excellente idée de lancer un leitmotiev qui va parcourir tout le séminaire : elle compare les profs d'arts plastiques aux petits lapins en peluche utilisés par une pub pour des piles électriques qui doivent avoir beaucoup d'énergie pour affronter les difficultés de leur tâche permanente...

Quelques échanges avec la salle terminent cette ouverture, ce qui donne l'occasion à Emmanuel DAVIDENKOFF de prendre la parole. C'est le Grand Témoin de ce séminaire. Il a travaillé à l'Etudiant, Profs, Talents, Libération, a été chroniqueur à Radio RMC, Europe 1, France Info, France Culture. Il est aujourd'hui chroniqueur Education à France Info et rédacteur en chef adjoint de Phosphore.
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Joan FONCUBERTA a présenté son travail avec humour et délectation, manipulant l'auditoire avec ses images détournées. Plusieurs axes de son travail actuel nous ont été soumis. Il a créé un personnage virtuel (son propre portrait mélangé à des images d'archive) dont le nom est la traduction du sien en arabe. Ce personnage appartient à l'organisation Al-Qaida, démontrant que l'on peut dire ce que l'on veut dans la presse et que les informations, crédibles ou non, ne sont jamais réellement vérifiées. Des pages de presse, des affiches, tracts, sites Internet, journaux télévisés... toute la panoplie de la communication de masse est utilisée.
Il a ensuite présenté son travail sur les paysages. Partant de la démarche de trois artistes internationaux (inventés ?) qui photographient des lieux historiques sur lesquels aucun vestige ne témoigne de quoi que ce soit, il propose une réflexion sur le paysage artistique suscité par les oeuvres d'art. Un logiciel scane des documents et les transforme en paysage virtuel après analyse de données topologiques.
Lien vers ce programme : link
Si les documents produits ont du sens quand il s'agit d'imaginer le paysage produit à partir d'un tableau de Cézanne ou de Friedrich, le jeu devient très surprenant quand le paysage est réalisé à partir d'un portrait ou d'une image abstraite... Plusieurs musées font appel à ses inventions à partir de tableaux de leurs collections.
Le troisième projet de Foncuberta s'articule autour de la question du miroir. Il nous a projeté des dizaines d'images prélevées sur Internet, mises en ligne par des individus exhibant leur intimité, ce qui peut être collecté sur divers sites parmi lesquels Myspace bien entendu. Ces autoportraits, qui peuvent être classés par catégories, sont autant de vanités qui n'intéressent personne que leur auteur. Cette compilation ne conduit pour l'instant à aucun projet particulier, il s'agit d'un travail en cours (work in progress si l'on veut faire plus branché). Il est preneur de toutes images sur le sujet et nous (vous) invite à lui envoyer à cette adresse :

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François CHEVAL est Conservateur en chef du Musée Nicéphore Niépce. Commande lui avait été passée de parler devant nous de technique photographique. Le sujet ne lui convenant pas, il a préféré  - sans prévenir les organisateurs - réutiliser un texte écrit pour une autre occasion et le lire intégralement, ponctuant son intervention de sarcasmes que certains ont pu trouver légitimement déplacés...
Sa conférence se résuma donc en une lecture d'une demi-heure, accompagnée d'une projection sur l'écran du théâtre d'Arles sur le thème des portraits de famille, dont son musée est très riche.

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Jean-Claude LEMAGNY et Michèle CHOMETTE ont participé à une table ronde sur le thème de la collection publique et privée. L'échange a permis à ces deux spécialistes (Lemagny en tant que conservateur de la BNF et Chomette comme l'une des plus importantes galeristes françaises) de développer un point de vue plusque compétent sur la question. Rappelons que J-C Lemagny est un des plus grands auteurs a avoir traité la question du statut artistique de la photographie, notamment dans ce qui est devenu un ouvrage de référence : "L'Ombre et le temps, essais sur la photographie comme art" (Nathan). Il est, en compagnie d'André Rouille, l'auteur de l'incontournable "Histoire de la photographie" parue chez Bordas.

Rappelons également que Michèle Chomette est une des galéristes françaises les plus importantes et qu'elle défend la photo depuis un certain temps... (clichés Jane Planson)

Voici un lien vers une page Internet intéressante consacrée à Eric Rondepierre (exposé aux Rencontres 2009, voir plus loin) sur le site de la Galerie Michèle Chomette : link

Et un autre vers la galerie Chomette et ses artistes : link


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Nous-nous sommes ensuite rendus sur les sites, ce dont les chapitres suivants vont rendre compte.

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APRES-MIDI

De retour au centre-ville, nous avons visité l'exposition Robert DELPIRE à l'Espace van Gogh. Plusieurs sites rendent hommage à cet omniprésent photophile dont le champ d'action révèle une étendue surprenante... A l'Espace van Gogh, quatre lieux se répartissent l'activité multiple de l'éditeur. De nombreuses reproductions contemporaines témoignent de l'étendue et de la variété des tirages publiés dans la collection Photo poche. Bien que le format unifié par les contraintes de l'édition neutralise les particularités des vintages, l'ensemble demeure spectaculaire et impressionnant !
Dans un autre lieu, ce sont les couvertures de magazine et des photos publiées par la presse. Ailleurs, on peut voir des livres (pas nécessairement de photographie). Partout, un ensemble fascinant qui retrace une carrière d'amour pour le médium.
Sur cette photo, notre Grand Témoin s'implique dans sa tâche avec sérieux...

Dans la cour de l'Espace van Gogh, signature de livres... René BURRI porte un splendide chapeau !


ENVOI DE FRANCOISE HELLARD


Un bonheur de revoir des doubles pages de la collection Photo Copies de Delpire, livres hélas épuisés qui mériteraient une réédition au vu des choix et de la qualité iconiques des photographies reproduites autour de thèmatiques pédagogiques récurrentes : Identités, Le temps dun mouvement, Botanica, L'oeil de la lettre, La couleur du temps, Vanités...

Lien vers les Editions Delpire, un peu de pub sans royalties : link

 

Un peu plus loin, un plaisir de revoir des "contacts peints" de William Klein, où graphisme, peinture et photographie se répondent et s'interpénètrent.

« Le geste que tous les photographes du monde font en choisissant une telle image sur la planche contact. » W-Klein


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SOIREE


DESAPPARENCES est le titre de l'exposition
de Nathalie VICTOR-RETALI au siège du Parti Communiste : très belles photographies de détails urbains, reflets et transparences colorées et remarquablement cadrées...
Lien vers son site : link
Pour ceux qui ont suivi le blog l'an passé : nous avons raté le vernissage à une journée et c'est assez décevant. Nous tâcherons de faire mieux l'an prochain !
Quant à Bruno, il préfère photographier l'extér
ieur dans une position peu conforable, ce qui témoigne d'une certaine souplesse.
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NAN GOLDIN PAR CHRISTINE SCHEELE :



Rencontre publique : la photographie, journal intime du photographe

Avec Nan GOLDIN, Antoine d’AGATA, JH ENGSTÖM, Leigh LEDARE, Thomas FlLORSCHUETZ, Paulo NOZOLINO.


Vendredi 10 juillet il fait beau et chaud dans la cour du 34 rue du Docteur Fanton. Des transats accueillants attendent les spectateurs, comme pour une sieste paisible.


Nan et ses invités arrivent, un peu inquiets, complices.

Dès la première question, les photographes, un par un répondent au journaliste (?) désarçonné qu’ils ne peuvent pas parler d’intimité en public. Le ton est donné, rien ne sortira de cette rencontre. Le journaliste ne pense qu’aux questions qu’il va poser, il les lit avec impolitesse pendant que les artistes tentent de formuler des réponses ; il hoche mécaniquement la tête, mais il est déjà sur la préparation de la question suivante. Aucun dialogue donc, l’artiste reste seul face au public. Public qu’il ne regarde pas, qui ne l’entend pas car les photographes peinent à parler et lorsqu’ils prononcent enfin quelques mots, c’est avec tant de discrétion ou de retrait que personne n’entend, des paroles le plus souvent en anglais qui tombent dans le vide et qu’un traducteur au premier rang traduit de façon exclusive pour les artistes et quelques rares privilégiés qui ont reçu un casque.

Mise en scène grotesque et absurde. Les artistes n’ont pas envie d’être là, le public part...


Et puis, je suis allée visiter l’Atelier de Mécanique là où sont exposées les photos des invités de Nan GOLDIN… Et j’ai compris. Que cette rencontre était impossible, qu’un discours anodin sur un vécu émotionnel aussi intense était improbable. Que les photographies apparaissaient peut-être là où justement il n’y avait plus de place pour les mots. Que rien ne pouvait être expliqué, là, devant une foule de vacanciers plus ou moins avertis. De ces photographies il était impossible de discourir sans heurt et sans pudeur.


Alors, merci de ce silence, de cette retenue, qui accompagne la sincérité d’une pratique artistique qui est sur un pied d’égalité avec la vie. Ce n’était pas aux photographes de parler mais aux spectateurs de recevoir, d’aller chercher, de se protéger peut-être aussi.

Et finalement, cette rencontre ratée était une expérience riche.

Nan Goldin était sans concession, troublée, à fleur de peau, avec un regard d’une profondeur insoutenable.


Et puis samedi pour la projection de The ballad of sexual dependency Nan Goldin était là, superbe, rayonnante, elle se jetait dans les bras des musiciens du groupe des Tiger Lillies sans retenue. Il suffit parfois d’être là, d’être avec, près de quelqu’un pour être éblouis, irradiés.


Je n’ai pas fait de photos.

 

 

 

 

"NUIT (de l'année ?)"

 



Nous venons d'assister à la "Nuit de l'année". Il est bien tard mais nous sommes encore lucides ! En dehors de l'aspect convivial et du climat qui - à cette heure avancée - ne peut que séduire des Normands en goguette, nous restons sur notre faim. Nous avons assisté ce matin à des interventions plaçant l'image au coeur de problématiques cruciales pour les arts plastiques. Parmi celles-ci, Joan Fontcuberta a accordéde l'importance à quelques images, donnant du sens à un dispositif et une démarche aux aspects esthétiques et sémantiques indéniables. Avec le temps de décrypter, de s'attarder sur des détails, de justifier un processus créatif... nous avons posé nos bagages et pris du recul.
Les Rencontres d'Arles, depuis le début, privilégient des regards singuliers souvent pertinents, soutenant généralement des individualités à l'engagement artistique fort. Aussi sommes-nous systématiquement perplexes devant ces "Nuits de l'Europe" et autres "Nuits de l'année" dont les projections sur d'immenses écrans abreuvent les spectateurs d'un flot ininterrompu d'images sans aucune hiérarchie : compilations sociologiques (SDF, jeunes asiatiques, soldats... ), images de mode, dépliants  touristiques aux couleurs vives et saturées ou en noir et blanc esthétisés... des milliers de clichés ne demeurant pas plus de quelques secondes sur les écrans, le tout en accompagnement (qui accompagne quoi ?) d'une "muzak" stéréotypée sans autre lien avec les projections que le rythme binaire.

Comment expliquer la cohabitation du travail indéniablement majeur de Nan Goldin sur la souffrance et la marginalité avec cette profusion d'images dont nous sommes incapables, malgré d'indiscutables efforts, de retenir un unique souvenir ?

Cependant, rien que pour vous, Daniel a réalisé cette (sublime) vidéo :

 

Par ARLEZIENNE II
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