Partager l'article ! BONUS 1 : 13 juillet: Le séminaire étant clos, nous vous transmettons maintenant ce que nous avons vu le 13 juillet. Les lieux pr ...
L'abbaye, située légèrement à l'extérieur de la ville, offre un peu de calme et de fraîcheur (toute relative cependant... ). Cette année, plusieurs expositions y sont
présentées :
Réputé pour ses photos de nu relativement stéréotypées, Clergue est surtout important en Arles comme pères des Rencontres... On lui doit également un travail important
avec Picasso, son ami jusqu'à sa mort.
Eros et Tanatos, mort, sacré et amour se mêlent dans des palimpsestes
photographiques où de multiples couches constituent une image très esthétisée bien qu'extrêmement forte. On peut reconnaitre des tableaux mêlés à des corps nus, des toreros, des taureaux, des
objets liturgiques et la statuaire religieuse... le tout dans une gamme chromatique souvent dorée donnant l'aspect d'un précieux clair-obscur. Le lieu, dépouillé et grandiose, se prête bien
évidemment à la mise en scène du sacré et offre un bel écrin à cette exposition surprenante. Avec Clergue, c'est une nouvelle "star" de la photographie qui est exposée cette
année.
Quand je suis arrivée à
l'Abbaye de Montmajour (un détour s'impose), Lucien Clergue terminait de présenter son exposition; il se prêtait simplement avec un certain amusement aux questions et aux
sollicitations des spectateurs curieux. Il est toujours émouvant de voir une figure de la photographie française ayant côtoyé Picasso, Cocteau, Tournier...
Il parle de ses "Surimpressions" comme une fabrication d'images où le hasard se mêle à une exigence pointue et
maîtrise technique traditionnelle; une erreur d'un de ses assistants, lui donnant une pellicule déjà exposée est à l'origine du concept de ces séries. Des fragments d'oeuvres-icônes
de l'histoire de l'art, photographiées dans divers musées du monde, se superposent à des prises de vue de nus féminins, de scènes de corrida, thèmes de prédilection de Clergue. Les deux
qualités lumineuses (naturelle et artificielle) sur une même pellicule non adaptée pour les deux, provoquent cette surimpression colorée de deux images, l'une plus chaude, l'autre plus froide.
Clergue insiste sur son attachement viscéral à l'argentique. Son oeil pétille quand il parle de ses modèles féminins...dont les postures lassives se jouent des chairs peintes de
scènes bibliques dans un dialogue qui laisse certains dubitatifs !